Industrie Agroalimentaire en Acier Inoxydable

L’inox est l’un des matériaux les plus employés dans l agroalimentaire. Le marché mondial de l’inox était estimé à 37,89 tonnes, en 2015. Et il devrait croître encore largement dans les années à venir. D’ici 2024, il pourrait peser 127,19 milliards de dollars, soit 113,41 milliards d’euros, selon un rapport publié récemment par le cabinet de conseils américain, GVR.

Le développement constant du marché de l’agroalimentaire dans le monde, devrait d’ailleurs contribuer à tirer vers le haut la demande en acier inoxydable sur cette période.
L’acier inoxydable peut prendre diverses formes : des feuilles, des barres, des tubes, des lingots ou encore des barres. Globalement, les produits en inox dits « plats » constituent la majorité du marché mondial. Ils représentaient 70 % du secteur en 2015, en particulier sur le marché de l’agroalimentaire, mais aussi celui de la chimie, du vide, du traitement des eaux usées, des systèmes de chaleur, des pâtes et papiers, de l’embouteillage, de la pharmacie ou encore des industries brassicoles. De leur côté, les produits dits « longs » concernent le tubes, les produits forgés, les barres, ou encore les câbles.

Inox alimentaire, un marché mondial porteur

La Chine constituait le premier marché pour l’acier inoxydable en 2015. Le secteur est surtout boosté par les secteurs de la construction, de l’automobile et des industries lourdes. L’utilisation de l’inox devrait poursuivre son développement dans le pays. Le taux de croissance devrait être de 5,9 % par an entre 2016 et 2024. La Chine concentre également 50 % de la production mondiale, à elle seule.
La croissance devrait également être considérable au Japon, en Thaïlande ou encore en Indonésie. En Chine, en Indonésie et en Inde, le développement de l’industrie agroalimentaire va favoriser la développement du secteur de l’inox.

L’acier inoxydable, particulièrement plébiscité dans l’agroalimentaire

Mais pourquoi l’acier inoxydable est-il tant plébiscité par les industriels de l’agroalimentaire ? Cet acier, qui, pour être classé dans la catégorie inoxydable, doit contenir au moins 10,5 % de chrome et moins de 1,2 % de carbone, présente en effet de nombreux avantages. Raison pour laquelle on le retrouve dans la production, le stockage mais aussi le transport des aliments.
L’inox présente tout d’abord une haute résistance mécanique et présente une très bonne durée de vie. Son usinabilité est relativement bonne. L’acier inoxydable est ainsi plus durable et plus économique que d’autres matériaux. Il ne requiert que peu d’entretien. Sa résistance thermique et mécanique aux températures et/ou pressions les plus extrêmes est également intéressante pour les industriels de l’agroalimentaire. Il présente également une résistance chimique aux détergents et désinfectants.

L’inox contre la corrosion

Mais les deux principaux arguments en faveur de l’acier inoxydable sont sa résistance à la corrosion et sa bonne hygiène. La résistance de ces alliages métalliques aux attaques chimiques des produits corrosifs provient de leur capacité à s’auto-protéger par la formation spontanée à leur surface d’un film complexe d’oxydes et d’hydroxydes de chrome, appelé « couche passive », qui protège le substrat métallique de la corrosion généralisée et des attaques localisées. Cette couche extrêmement mince, d’une épaisseur de l’ordre de 1,0 à 2,0 nm, rend négligeable la vitesse de corrosion. L’élément le plus important dans les aciers inoxydables est le chrome, mais d’autres éléments tels que le molybdène (en protégeant la couche passive contre les ions halogénures, en particulier chlorures) ou le nickel (en ralentissant considérablement la dissolution en milieux acides) ont également une influence sur la résistance à la corrosion.
L’inox est ainsi apprécié pour sa capacité à résister aux environnements les plus corrosifs tels que les eaux fortement chargées en chlorures, les produits de nettoyage et de désinfection (détergents acides ou alcalins, alcalins chlorés…), les saumures, les aliments acides (rhubarbe…). C’est cette caractéristique qui permet d’ailleurs d’allonger et de garantir la durée de vie des installations. Cette résistance fait que l’inox ne nécessite pas de revêtement protecteur supplémentaire.

Inox rime avec hygiène

L’acier inoxydable est également plébiscité par les industriels de l’agroalimentaire pour des questions d’hygiène. Le secteur alimentaire est soumis à de sévères exigences en matière d’hygiène afin de lutter contre la prolifération indésirable des micro-organismes (bactéries et moisissures). Cette prolifération s’organise notamment dans les micro-fissures et autres défauts, qui ne sont généralement pas visibles à l’œil nu. Sur des matériaux rugueux, les salissures s’accrocheront plus facilement. Ce qui n’est pas le cas de l’inox. Par ailleurs, rugosité surfacique et capacité de nettoyage étant directement liées, l’inox est un matériau qui se nettoie facilement. De plus, l’inox ne produit aucune substance pouvant s’introduire dans le produit final. Cette surface étant inerte, cela évite que des substances entrent dans le produit fini. L’inox doit cependant pour cela être exempt de fissures.
A noter qu’il existe une grande diversité d’aciers inoxydables, qui présentent une variété dans la résistance à la corrosion. Plus de 200 nuances existent. Le plus utilisé est cependant l’acier inoxydable austénitique standard AISI 316. Il est prescrit pour toutes les surfaces en inox, qui entrent en contact avec les aliments. Certains éléments d’une installation, comme les canalisations, constituent une exception et permettent aussi l’utilisation de l’AISI 304.

L’inox, un acier au prix élevé

De manière générale, il existe cinq grandes familles d’inox :

  • les aciers inoxydables austénitiques
  • les aciers inoxydables martensitiques
  • les aciers inoxydables ferritiques
  • les aciers inoxydables austéno-ferritiques également appelés « duplex »
  • les aciers inoxydables réfractaires

Seul inconvénient de l’inox : son prix. Depuis le milieu des années 2000, le prix d’achat des aciers inoxydables contenant du nickel subit de fortes fluctuations spéculatives. Une évolution vers un matériau de substitution moins spéculatif ou moins cher permettrait aux industriels de ce secteur de rester compétitifs. Sur le long terme, cependant, le rapport qualité/prix de l’inox reste intéressant pour les entreprises de l’agroalimentaire.

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